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Sans comprendre grand-chose à la
religion, jéprouve, en plus de la perplexité,
un sentiment insaisissable. Cette réflexion extraite
dune correspondance imaginaire entre le peintre He
Yifu et son papa décédé pourrait tout
aussi bien exprimer ce que ressent un Européen qui
séjourne en Chine. Rien en effet nest plus
différent de la posture philosophique chinoise que
la posture philosophique européenne. A cela, il y
a une raison toute simple qui est que les chinois ne croient
pas en Dieu mais en un principe physique générateur
quils appellent Souffle Primordial lequel régit
selon leur point de vue lensemble des phénomènes
que nous européens nommons réel. De là
quen Chine, écrire ou peindre (il nexiste
quun seul idéogramme pour définir les
deux activités), cest mettre en fonction ce
principe par le biais de celui-ci : participer à
la création du monde. Il est évidemment impossible
dans le cadre du présent commentaire dexaminer
dans le détail les incidences de cette posture, mais
on peut déjà dire que lorsquun peintre
chinois prend le pinceau, il engage non seulement sa vision
mais son corps tout entier.
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La mer de Bretagne est le plus souvent brumeuse
et sombre sous des couches de nuages noirs qui tourbillonnent
au milieu des flots blêmes. La pluie fine et les brouillards
épais créent une ambiance floue, comme celle
de " l'observation des fleurs dans la brume "
.C'est la personnalité typique de la mer bretonne,
elle nous donne un sentiment d'incertitude. Bref, elle nous
plonge dans un mystère innommable. Appelé
ou séduit, j'essaie souvent de me représenter
cette ambiance qui m'absorbe malgré moi. Parfois,
je m'égare dans le labyrinthe correspondant au rêve
des papillons de Zhuangzi, à un oubli de moi-même.
Est-ce moi la mer ou la mer est-elle moi ?
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Notes Bibliographiques de Claude Margat
Poésie : Carte d'Identité (avec le
peintre Colette Deblé) Unes
Je contemplais (avec le peintre François Deck) Unes
Regard Dedans (avec le peintre Olivier Debré) Unes
Vers le Ciel (avec le peintre Guillaume Guintrand) Unes
Vision dans le silence (avec le peintre Jack Ferrand) Unes
Essais et documents : Entretiens avec Jean-Luc Parant
La Différence
Rêves de plume Ed. L'Attentive
Un poème, Turner rencontre Shih t'ao
Avec la peintre Anne Slacik tirage d'artistes
Exorcismes (Notes sur l'action de peindre) Ed. Hesse
Livres à paraître : Journal de voyage
et de réflexions à propos du
Trajet spirituel des peintres lettrés à travers
une expérience
Personnelle en Chine
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Commentaire de Claude Margat
Si les peintres chinois se montrent si habiles à
saisir lesprit des paysages quils affectionnent,
cest parce quils pratiquent la calligraphie
depuis leur plus jeune âge (un dictionnaire chinois
usuel ne contient pas moins de 3000 idéogrammes tous
différents) et quils sont par conséquent
parfaitement rompus aux complexités multiples du
trait graphique. He Yifu est de ceux-là. Il a en
outre parfaitement compris ce qui manquait à notre
goût moderne : le naturel et la simplicité.
Ses peintures montrent quil a saisi lesprit
des paysages joliment reproduits dans cet ouvrage agrémenté
de commentaires tirés des différents livres
de sagesse ainsi que de réflexions personnelles.
Son style émane en droite ligne de celui des peintres
dits librement inspirés, style rare en Europe mais
commun en Chine où les artistes de bon niveau sont
aussi nombreux quen notre vieille Europe. Soyons flattés
que He Yifu se soit attardé à contempler puis
à peindre nos plus beaux paysages de Bretagne. Il
est précieux que lautre vieux continent de
lextrême Est renoue avec celui de lOuest
extrême. Lart de sincérité de
He Yifu ne peut que contribuer à lélargissement
de notre perspective .Un beau livre pour redécouvrir
quelques uns de nos plus beaux paysages vus dun il
chinois
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