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LE VOYAGE D'UN PEINTRE CHINOIS EN BRETAGNE

 
 


Auteur :
HE YIFU
Editeur : Editions Ouest-France
ISBN : 2-7373-2876-4
Année d'édition : 2002
Prix : 30,00 €


         
 
 

Sans comprendre grand-chose à la religion, j’éprouve, en plus de la perplexité, un sentiment insaisissable. Cette réflexion extraite d’une correspondance imaginaire entre le peintre He Yifu et son papa décédé pourrait tout aussi bien exprimer ce que ressent un Européen qui séjourne en Chine. Rien en effet n’est plus différent de la posture philosophique chinoise que la posture philosophique européenne. A cela, il y a une raison toute simple qui est que les chinois ne croient pas en Dieu mais en un principe physique générateur qu’ils appellent Souffle Primordial lequel régit selon leur point de vue l’ensemble des phénomènes que nous européens nommons réel. De là qu’en Chine, écrire ou peindre (il n’existe qu’un seul idéogramme pour définir les deux activités), c’est mettre en fonction ce principe par le biais de celui-ci : participer à la création du monde. Il est évidemment impossible dans le cadre du présent commentaire d’examiner dans le détail les incidences de cette posture, mais on peut déjà dire que lorsqu’un peintre chinois prend le pinceau, il engage non seulement sa vision mais son corps tout entier.

 
 
 

La mer de Bretagne est le plus souvent brumeuse et sombre sous des couches de nuages noirs qui tourbillonnent au milieu des flots blêmes. La pluie fine et les brouillards épais créent une ambiance floue, comme celle de " l'observation des fleurs dans la brume " .C'est la personnalité typique de la mer bretonne, elle nous donne un sentiment d'incertitude. Bref, elle nous plonge dans un mystère innommable. Appelé ou séduit, j'essaie souvent de me représenter cette ambiance qui m'absorbe malgré moi. Parfois, je m'égare dans le labyrinthe correspondant au rêve des papillons de Zhuangzi, à un oubli de moi-même. Est-ce moi la mer ou la mer est-elle moi ?

 
 
 

Notes Bibliographiques de Claude Margat

Poésie : Carte d'Identité (avec le peintre Colette Deblé) Unes
Je contemplais (avec le peintre François Deck) Unes
Regard Dedans (avec le peintre Olivier Debré) Unes
Vers le Ciel (avec le peintre Guillaume Guintrand) Unes
Vision dans le silence (avec le peintre Jack Ferrand) Unes

Essais et documents : Entretiens avec Jean-Luc Parant La Différence
Rêves de plume Ed. L'Attentive
Un poème, Turner rencontre Shih t'ao
Avec la peintre Anne Slacik tirage d'artistes
Exorcismes (Notes sur l'action de peindre) Ed. Hesse

Livres à paraître : Journal de voyage et de réflexions à propos du
Trajet spirituel des peintres lettrés à travers une expérience
Personnelle en Chine

 
 
 
 

Commentaire de Claude Margat

Si les peintres chinois se montrent si habiles à saisir l’esprit des paysages qu’ils affectionnent, c’est parce qu’ils pratiquent la calligraphie depuis leur plus jeune âge (un dictionnaire chinois usuel ne contient pas moins de 3000 idéogrammes tous différents) et qu’ils sont par conséquent parfaitement rompus aux complexités multiples du trait graphique. He Yifu est de ceux-là. Il a en outre parfaitement compris ce qui manquait à notre goût moderne : le naturel et la simplicité. Ses peintures montrent qu’il a saisi l’esprit des paysages joliment reproduits dans cet ouvrage agrémenté de commentaires tirés des différents livres de sagesse ainsi que de réflexions personnelles. Son style émane en droite ligne de celui des peintres dits librement inspirés, style rare en Europe mais commun en Chine où les artistes de bon niveau sont aussi nombreux qu’en notre vieille Europe. Soyons flattés que He Yifu se soit attardé à contempler puis à peindre nos plus beaux paysages de Bretagne. Il est précieux que l’autre vieux continent de l’extrême Est renoue avec celui de l’Ouest extrême. L’art de sincérité de He Yifu ne peut que contribuer à l’élargissement de notre perspective .Un beau livre pour redécouvrir quelques uns de nos plus beaux paysages vus d’un œil chinois

 
   

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